Les taux de crédit immobilier ont nettement augmenté depuis 2022, avant de reculer progressivement en 2024 et 2025. Mais en 2026, la tendance s’est de nouveau inversée : les taux d’intérêt remontent et les perspectives pour les prochains mois restent incertaines. Dans ce contexte, faut-il acheter maintenant ou attendre en espérant bénéficier de conditions de financement plus favorables ?
La question est d’autant plus délicate qu’un achat immobilier se finance généralement sur 15, 20 ou 25 ans. Attendre quelques mois pour obtenir un taux potentiellement plus bas peut sembler logique, mais encore faut-il que cette baisse se concrétise. À l’inverse, une hausse des prix immobiliers pendant la période d’attente peut annuler, voire dépasser, le gain espéré sur le crédit.
Alors, faut-il acheter maintenant ou patienter ? Au-delà du seul niveau des taux, il faut regarder le coût total du projet, le prix du bien, son apport et sa capacité à supporter la mensualité dans la durée. Nos explications.
Crédit immobilier : état des lieux et perspectives des taux fin 2026 et début 2027 ?
Après une nette détente en 2024 et au début de 2025, les taux des crédits immobiliers sont repartis progressivement à la hausse en 2026. Selon la Banque de France, le taux moyen des nouveaux crédits à l’habitat, hors renégociations, est passé de 3,08 % en décembre 2025 à 3,30 % en juillet 2026. Les dernières données disponibles pour les crédits à taux fixe montrent encore une progression, à 3,17 % en août 2026, contre 3,03 % en janvier.
L’Observatoire Crédit Logement/CSA confirme cette remontée. Après avoir évolué autour de 3,2 % au printemps, le taux moyen des crédits immobiliers s’est rapproché de 3,3 % durant l’été 2026. La remontée reste toutefois modérée par rapport au pic atteint fin 2023-début 2024.
Cette évolution s’explique notamment par le coût auquel les banques se refinancent, lui-même influencé par les taux de marché et les anticipations de politique monétaire. L’inflation joue également un rôle important : lorsque les perspectives d’inflation se dégradent, les taux obligataires peuvent progresser, ce qui pèse à son tour sur le coût des nouveaux crédits immobiliers.
Une baisse des taux n’est pas le scénario à privilégier à court terme
Il serait donc imprudent de construire son projet immobilier en pariant sur une baisse prochaine des taux. La BCE a relevé ses trois taux directeurs de 25 points de base en septembre 2026, dans un contexte où elle anticipe une inflation moyenne de 3 % en 2026 et 2,5 % en 2027. Elle souligne par ailleurs que ses décisions resteront dépendantes des données économiques et ne fournit pas de trajectoire prédéterminée pour ses taux directeurs.
Cela ne signifie pas que les taux immobiliers vont nécessairement continuer à monter. Ils peuvent se stabiliser, voire évoluer dans l’autre sens si les conditions de marché s’améliorent. Mais attendre quelques mois dans l’espoir d’une baisse des taux n’offre aujourd’hui aucune garantie.
Quel taux de crédit immobilier peut-on espérer fin 2026 ? L’avis de Clémence
Il n’est pas possible de déterminer précisément le niveau des taux immobiliers dans quelques mois. Les dernières données disponibles montrent toutefois une remontée progressive en 2026. Dans ce contexte, mieux vaut construire son projet avec les conditions de financement actuelles plutôt que de miser sur une baisse future des taux.
Un crédit immobilier se raisonne sur 15 à 25 ans
Surtout, il faut replacer cette évolution dans la durée d’un crédit immobilier. Un emprunteur qui contracte aujourd’hui un prêt sur 20 ou 25 ans ne doit pas prendre sa décision uniquement en fonction de ce que pourraient faire les taux dans les six ou douze prochains mois.
Le coût du crédit est important, mais il ne constitue qu’une composante du coût global d’un achat immobilier. Le prix du logement, l’apport personnel, la durée du prêt, l’assurance emprunteur et les frais liés à l’acquisition doivent également entrer dans l’équation.
C’est précisément ce qui explique pourquoi attendre une hypothétique baisse des taux n’est pas toujours la meilleure stratégie. Une baisse du taux de crédit peut réduire le coût du financement, mais une hausse du prix du bien pendant la période d’attente peut absorber une partie du gain, voire le dépasser.
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Immobilier : attendre une baisse des taux peut-il vraiment faire économiser de l’argent ?
Attendre une baisse des taux peut effectivement réduire le coût d’un crédit immobilier. Mais l’économie réalisée dépend du montant emprunté, de la durée du prêt et surtout de l’évolution du prix du logement pendant la période d’attente.
Il faut donc comparer le coût du crédit et le prix d’achat, plutôt que de regarder le taux seul.
Exemple d’un achat immobilier : 200 000 € empruntés sur 20 ans
Prenons un emprunt de 200 000 € sur 20 ans, hors assurance et frais de crédit, et comparons un taux de 3,30 % à un taux de 2,80 %.
| Taux de 3,30 % | Taux de 2,80 % | |
| Mensualité* | 1 139 € | 1 089 € |
| Intérêts sur 20 ans* | 73 473 € | 61 427 € |
| Écart de mensualité | -50 € | |
| Économie sur les intérêts | 12 046 € |
Une baisse de 0,50 point permettrait donc, dans cet exemple, d’économiser un peu plus de 12 000 € d’intérêts sur la durée du prêt. La différence de mensualité reste toutefois relativement limitée : environ 50 € par mois.
Mais cette économie doit être mise en regard du prix du logement. Supposons qu’un bien actuellement proposé à 200 000 € augmente de 5 % pendant la période d’attente : il coûterait alors 210 000 €. Même avec un taux ramené à 2,80 %, l’emprunteur devrait financer 10 000 € supplémentaires de capital. La baisse du taux ne suffit donc pas nécessairement à compenser la hausse du prix d’achat.
Cet exemple ne signifie évidemment pas que les prix immobiliers vont augmenter de 5 %. Il montre simplement que le taux de crédit et le prix du bien évoluent indépendamment l’un de l’autre. Une baisse du taux n’est donc pas automatiquement synonyme d’une opération moins coûteuse.
Le coût total du projet est plus important que le taux affiché
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Il faut également tenir compte de la durée du crédit. Plus le prêt est long, plus les intérêts représentent une part importante du coût total. À l’inverse, un apport plus important ou une négociation du prix du bien peut réduire immédiatement le montant à financer.
Le taux obtenu dépend par ailleurs du profil de l’emprunteur : apport, revenus, stabilité professionnelle, niveau d’endettement et qualité globale du dossier peuvent faire varier les conditions proposées par les banques. Les données de l’Observatoire Crédit Logement/CSA montrent d’ailleurs des écarts importants entre les catégories d’emprunteurs. En juin 2026, les taux moyens sur 20 ans allaient ainsi de 2,84 % pour les emprunteurs du premier groupe à 3,60 % pour ceux du quatrième groupe.
Une baisse de 0,50 point suffit-elle à justifier d’attendre ? — L’avis de Clémence
Pas nécessairement. Dans notre exemple, une baisse de 3,30 % à 2,80 % permet d’économiser environ 12 000 € d’intérêts sur 20 ans pour 200 000 € empruntés. Mais si le prix du bien augmente entre-temps, si le projet est repoussé ou si les conditions de financement se dégradent, le gain peut être réduit ou annulé. Il faut donc comparer le coût total de l’achat, et pas uniquement attendre un taux plus bas.
Acheter maintenant : dans quels cas est-ce pertinent ?
Il n’existe pas de moment idéal pour acheter, mais certains éléments peuvent rendre une acquisition pertinente malgré le niveau actuel des taux. Avant de décider, vérifiez surtout que votre projet reste solide sans avoir besoin de conditions de crédit plus favorables à l’avenir.
- Résidence principale : vous avez trouvé un bien qui correspond à vos besoins et vous envisagez d’y rester plusieurs années.
- Situation financière solide : vous avez des revenus stables, un apport suffisant et des mensualité supportables avec les taux actuels, sans miser sur une future baisse.
- Prix du bien négociable : une bonne négociation peut réduire immédiatement le montant à financer et donc le coût total du crédit.
- Projet à long terme : vous pouvez absorber plus facilement les variations de marché en raisonnant sur 15, 20 ou 25 ans plutôt que sur les prochains mois.
- Bonne marge de sécurité : votre budget reste confortable après la mensualité, avec une épargne de précaution disponible pour les imprévus.
Acheter maintenant : dans quels cas ? — L’avis de Clémence
Si le bien est au bon prix et que le financement reste confortable avec les taux actuels, il n’est pas forcément pertinent d’attendre. Une éventuelle baisse future des taux doit être considérée comme un bonus, pas comme une condition de réussite du projet.
Attendre : dans quels cas cela peut être judicieux ?
Attendre peut aussi être une décision rationnelle, notamment lorsque le projet n’est pas encore suffisamment mûr ou que le financement est trop contraint. L’objectif est alors de renforcer son dossier plutôt que de spéculer sur l’évolution des taux.
- Pas d’urgence : vous pouvez reporter votre achat sans conséquence importante sur votre situation personnelle ou professionnelle.
- Apport encore insuffisant : quelques mois supplémentaires permettent de renforcer votre apport et de réduire le montant à emprunter.
- Capacité d’emprunt trop juste : la mensualité est difficilement supportable avec les taux actuels ou vous êtes proche de votre limite d’endettement.
- Marché local en négociation : dans certains secteurs, prendre son temps peut permettre de mieux négocier le prix du bien plutôt que d’acheter dans la précipitation.
- Projet très dépendant des taux : si quelques dixièmes de point suffisent à faire basculer votre projet dans le rouge, mieux vaut attendre d’avoir davantage de marge financière.
Faut-il attendre pour acheter si les taux sont élevés ? — L’avis de Clémence
Oui, si votre projet est aujourd’hui trop contraint financièrement. Attendre doit alors servir à améliorer votre apport, votre capacité d’emprunt ou votre projet, et non simplement à parier sur une future baisse des taux.
Notre conseil : regardez le coût total, pas seulement le taux
Le bon moment pour acheter n’est pas nécessairement celui où les taux sont au plus bas. Un achat immobilier doit d’abord être cohérent avec votre budget, le prix du bien et votre horizon de détention.
Une baisse future des taux peut permettre de réduire le coût du crédit, mais elle reste incertaine. À l’inverse, attendre peut exposer à une évolution défavorable des prix ou à des conditions de financement moins avantageuses.
À retenir : si votre projet est solide et votre mensualité confortable avec les taux actuels, ne repoussez pas forcément votre achat dans l’espoir d’un meilleur taux. Si votre financement est trop tendu, profitez plutôt de l’attente pour renforcer votre apport et votre capacité d’emprunt.
Source des images : Magnific
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