Assurance-vie : les fonds en euros à privilégier

Le 20 juin 2017

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Condamnés à un rendement décroissant, les fonds en euros perdent peu à peu de leur superbe. Pour booster la performance de votre assurance-vie, vous pouvez néanmoins vous tourner vers d’autres produits sans risques. Café du Patrimoine vous présente les alternatives aux fonds en euros classiques.

Comment fonctionne un fonds en euros ?

Fonds en euros classique : le rendement assurance-vie sécurisé

L’engouement des Français pour l’assurance-vie ne se dément pas. 62% des Français considèrent ce placement intéressant (Source : enquête Cercle de l’Epargne/CECOP/IFOP réalisée sur Internet du 19 au 22 avril 2016 auprès d’un échantillon de 1 003 personnes représentatif de la population française) et 1 Français sur 2 déclare en posséder une. En avril 2016, l’épargne des Français placée en assurance vie a dépassé les 1 653 Md€.

Mais derrière cette santé insolente du placement chouchou des Français, il convient d’examiner le fonds euro qui constitue bien souvent le cœur de l’assurance-vie et dont les rendements anémiques sont en perte de vitesse.

Les fonds en euro en chiffres

Le fonds euro classique constitue l’enveloppe sécurisée de l’assurance-vie. Selon l’étude de Good Value for Money (GVFM) dédiée à l’analyse de la composition financière des fonds en euros à fin 2016, les fonds en euros classique correspondent à la majorité des encours du marché de l’assurance-vie puisqu’ils pèsent environ 92 % de ce marché.

Fin 2016, les fonds en euros « classiques » sont investis pour l’essentiel en obligations, soit un niveau homogène avec 2014 et 2015 (à deux points près). La répartition entre obligations corporate et souveraine évolue en faveur des obligations corporate plus rémunératrices (65% de titres corporate et 35 % de titres souverains et assimilés).

L’allocation des fonds en euros classiques est en moyenne :

  • de 81,5 % sur des obligations fin 2016 (versus 82,4 % fin 2015),
  • de 8,5 % sur des actions fin 2016 (versus 8,4 % fin 2015),
  • de 5,8 % sur de l’immobilier fin 2016 (versus 5,3 % fin 2015),
  • de 1,0 % sur du monétaire fin 2016 (versus 1,9 % fin 2015).

Entre 2015 et 2016, le poids relatif de l’immobilier s’est maintenu. Les assureur-vie continuent en effet à se tourner vers la pierre soit en direct, soit via des SCPI ou encore via l’acquisition de titres de sociétés foncières cotées comme Unibail-Rodamco ou Klépierre par exemples.

Malgré cette diversification toute relative, le taux de rendement moyen des fonds euros a encore baissé significativement en 2016 avec un taux moyen de 1,80 % (contre 2,50 % en 2014 et 2,30% en 2015).

Les raisons de la chute du rendement du fonds en euros

Cette baisse, on la doit notamment aux autorités de contrôle. En effet, le rapport annuel de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) plaidait pour une modération des taux de rendement des fonds euros quand François Villeroy de Galhau, président de l’ACPR et actuel gouverneur de la Banque de France, déclarait : « le contexte des taux bas conduit à une situation où les rendements des titres entrant en portefeuille sont inférieurs aux taux servis sur leurs polices d’assurance vie ». Cet avis était également partagé par le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) et le ministère des Finances et des Comptes Publics où Michel Sapin estimait que : « dans le contexte actuel de développement des taux d’intérêt négatifs, une poursuite de l’évolution des modèles d’affaires et des ajustements des rendements est nécessaire ».

Pour Good Value for Money, la baisse des rendements du fonds euros, « c’est le coût de la loi Sapin II pour l’épargnant », les autorités de contrôle ayant très fortement incités les assureurs à baisser considérablement les taux servis pour « dissuader les épargnants de continuer à investir » dans les fonds euros mais également pour « renforcer encore plus leur provision pour participation aux bénéfices (PPB) avec des dotations moyennes de l’ordre de 0,20 % à 0,40 % » et enfin « se protéger en conséquence face à une éventuelle hausse brutale des taux d’intérêts ».

Ces rendements anémiques des fonds euros peuvent être largement améliorés en optant pour des fonds en euros plus diversifiés. François Villeroy de Galhau en est bien conscient lorsqu’il plaide pour la réorientation de l’épargne, via le développement de nouveaux produits d’épargne de long terme.

4 fonds en euros alternatifs pour votre votre assurance-vie

Fonds euro-diversifiés ou « régime de retraite »

Apparus au milieu des années 2000, les fonds euro-diversifiés visent à apporter un surcroît de performance par rapport aux fonds en euros classiques. La méthode appliquée pour atteindre cet objectif est la diversification de l’allocation vers des actifs plus risqués que les traditionnelles obligations : les actions principalement. La contrepartie de ce booster de performance est un blocage des avoirs durant plusieurs années. C’est seulement au terme de cette période de blocage dûment précisée que la garantie du capital sera assurée. On les appelle aussi fonds « régimes de retraite » car l’assureur-vie peut adapter son allocation d’actifs à un investissement à long terme de la part de l’épargnant. Ils représentent 7,4 % du marché des fonds euros, en 2ème position derrière les fonds euros classiques.

Du fait de l’engagement de l’épargnant sur le moyen / long terme, les fonds en euros « de régimes de retraite » n’ont que 78,1 % de titres obligataires fin 2016, à comparer pour les fonds en euros « classiques » à 81,5 % fin 2016. Ils sont en effet investis en moyenne à 78,1 % sur des obligations, 11,3 % sur des actions, 7,6 % sur de l’immobilier. Le rendement moyen des fonds en euros de régimes de retraite est significativement plus élevé que celui des fonds en euros classiques (rendement financier brut moyen 2016 des fonds en euros de régime de retraite : 3,80 %) grâce à une allocation d’actifs plus dynamique. En effet, le poids global des actifs « de diversification » (actions et immobilier) avoisine les 20 %.

Malgré leur intérêt théorique, le nombre de fonds euro-diversifiés reste limité : Europportunités de SwissLife, BNP Paribas Avenir Retraite par exemples. Ces produits ont néanmoins inspiré la création des nouveaux fonds Euro-Croissance.

Fonds en euros immobiliers

Ces fonds en euros sont caractérisés par un poids relatif plus élevé des investissements immobiliers dans les actifs du fonds. Toutefois, face à une difficulté d’investir à des prix raisonnables des flux importants de collecte nette arrivant sur leurs fonds en euros immobiliers, les assureurs-vie ont été conduit à baisser le poids relatif des actifs immobiliers dans ces fonds de 52,5 % fin 2015 à 45,6 % fin 2016.

La composition du fonds euros immobiliers à fin 2016 était en effet la suivante : 45,6 % d’immobilier, 40,6 % sur des obligations, 10,9 % sur des actions. Les fonds euros immobiliers résistent bien à la baisse du rendement des fonds euros en général et sont donc très peu concernés par la dégringolade des taux servis. De fait, le rendement financier brut moyen des fonds en euros immobiliers a été de 3,68 % en 2016 contre 3,88 % en 2015, soit une baisse de seulement 0,20.

Malgré ces chiffres très satisfaisants, à fin 2016, les fonds en euros immobiliers pesaient (seulement) environ 0,5 % du marché des fonds en euros.

Fonds euros dynamiques

Les fonds en euros dynamique sont caractérisés par une plus forte exposition en risque de l’actif sur des actions mais aussi de l’immobilier. Ils obéissent d’ordinaire au principe de la gestion à coussin. La gestion à coussin consiste à scinder l’allocation d’un fonds en deux poches :

  • l’une, majoritaire, composée d’actifs pas ou peu risqués, censés assurer la protection du capital avec un rendement mesuré ;
  • l’autre, minoritaire, composée d’actifs plus risqués censés générer un rendement supérieur (actions en premier lieu).

Utilisée de longue date dans de nombreux fonds structurés ou à formule, cette technique de gestion a gagné des produits plus traditionnels, tels que les fonds en euros dits dynamiques, censés délivrer un rendement supérieur à celui des fonds en euros classiques. On assiste à une multiplication de ce type de produits à la suite des pionniers : Suravenir Opportunités (Suravenir Assurances), EuroSélection (Spirica) ou encore Eurocit’ (AG2R La Mondiale). Fin 2016, les fonds en euros « dynamiques » sont investis à 56,1 % sur des obligations (versus 59,6 % fin 2015) mais à la recherche tout à la fois de rendement et d’une certaine sécurité et récurrence dans leur rendement, ils sont aussi investis à 18,1 % sur des actions (contre 17,4 % fin 2015), et également à 25,5 % sur de l’immobilier (contre 20,6 % fin 2015).

Bien souvent, la gestion à coussin est agrémentée dans ces fonds en euros d’un système d’effets cliquets, selon le degré de tolérance aux pertes accepté par le gérant ou par le client. Toute performance positive est alors mise de côté – sur la poche sécurisée – au-delà d’un certain plafond, tandis que toute perte est limitée par la coupure des positions en deçà d’un certain seuil. Conséquence : le capital ne peut être touché.

Ces fonds en euros dynamiques gérés selon la technique du coussin constituent une réponse adaptée à la quête de performance dans un cadre sécurisé. Encore peu nombreux sur le marché, certains sont néanmoins largement présents sur l’offre en assurance-vie Internet. Mais la part relative élevée des actions dans les fonds en euros dynamiques oblige les assureur-vie à les gérer « comme le lait sur le feu ». D’où des encours volontairement limités et maîtrisés de leur part.

Consulter également notre dossier Souscrire à une assurance-vie

Fonds euro-croissance

Recommandés par le rapport Berger-Lefebvre, ou, à demi-mot par François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France, lorsqu’il encourage de nouveaux produits long terme « moins liquides, assortis d’une protection en capital sur le long terme afin de bénéficier du meilleur rendement des actions sur la durée, tout en favorisant le financement de l’investissement des entreprises », les fonds Euro-Croissance reposent sur le même principe de diversification que les fonds euro-diversifiés. En contrepartie d’une durée de blocage longue, qui semble s’allier logiquement avec la vocation patrimoniale du contrat d’assurance-vie, le contrat Euro-Croissance doit délivrer un rendement nettement supérieur au fonds en euros actuel.  Comme pour les contrats euro-diversifiés, l’assureur, libéré des contraintes de liquidité et de l’obsession du taux annuel, est à-même de gérer plus activement ce nouveau fonds afin de produire une performance supérieure.

Le contrat doit comprendre une part dédiée à la garantie du capital et une deuxième part dédiée à la diversification. La répartition entre les deux poches dépend de la durée de blocage acceptée par l’épargnant. Le capital est garanti tant qu’aucun retrait n’est effectué.

La différence tient à l’orientation de l’épargne collectée vers le financement de l’économie réelle, à savoir les PME, via l’achat, par l’assureur, d’obligations d’entreprise, actions ou autres.

Les premiers fonds Euro-Croissance sont apparus courant 2014. Ils représentent une part ultra-minoritaire des fonds euros et sont fin 2016 au nombre de 2.

Fonds et produits structurés, alternative aux fonds en euros

Les fonds structurés

Fonds à formule, fonds à promesse, fonds structurés, quelle que soit l’appellation, leur principe repose sur une allocation scindée en une poche “sûre” investie en obligataire et une poche risquée investie en actions et autres. Très présents dans l’offre des réseaux bancaires et souvent proposés par les conseillers en gestion de patrimoine (CGP), ils sont la forme la plus courante de produits structurés auprès des investisseurs particuliers.

Ils comprennent nécessairement une échéance, une performance définie selon une formule mathématique et un niveau de protection ou de garantie du capital. Ils peuvent être intégrés dans un contrat d’assurance-vie, un PEA ou un compte-titres.

Le principal reproche que l’on peut adresser aux fonds structurés est un niveau de frais élevés par rapport à la promesse avancée.

Les produits structurés

Il existe cependant d’autres types de produits structurés, qui ne se présentent pas sous la forme de fonds. Ces produits sont eux aussi investis sur un sous-jacent lui-même composé d’un ou plusieurs types d’instruments et affichent, comme les fonds structurés, une échéance et un profil risque-rendement déterminés. Ils sont émis par des banques ou sociétés financières en fonction de demandes formulées par des CGP. En effet, le CGP peut identifier un besoin largement exprimé par ses clients puis solliciter un structureur pour bâtir le produit “idéal”. Il devra d’abord convaincre ses clients d’investir dans ledit produit imaginé pour convaincre le structureur de créer le produit.

Pour aller chercher de la performance, il est aussi judicieux de se tourner vers des OPCVM. Prenez garde tout de même de bien les choisir en fonction de votre profil d’investisseur et surtout de votre degré d’aversion au risque. On peut notamment citer, du moins risqué au plus risqué (mais donc potentiellement du moins rémunérateur au plus rémunérateur) : fonds obligataires, fonds d’arbitrage, fonds patrimoniaux, fonds flexibles, fonds thématiques, fonds actions.

Les informations ci-dessus sont données à titre pédagogique. Elles ne constituent en aucun cas des recommandations d’investissement. Le lecteur se doit d’étudier les risques avant d’effectuer toute transaction. Il est seul responsable de ses décisions d’investissement.

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