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Assurance vie : les fonds euro à privilégier

Le 10 octobre 2018

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Condamnés à un rendement décroissant, les fonds en euros perdent peu à peu de leur superbe. Pour booster la performance de votre assurance-vie, vous pouvez néanmoins vous tourner vers d’autres produits sans risques. Café du Patrimoine vous présente les alternatives aux fonds en euros classiques.

Comment fonctionne un fonds euro ?

Fonds euro classique : le rendement assurance vie sécurisé

L’engouement des Français pour l’assurance-vie ne se dément pas. 62 % des Français considèrent ce placement intéressant (Source : enquête Cercle de l’Epargne/CECOP/IFOP réalisée en 2016). Les Français possédaient en 2017, 54 millions de contrats pour 37 millions de bénéficiaires (étude IPSOS-FFA de 2017). L’encours de l’assurance-vie a dépassé en juillet 2018, les 1 712 milliards d’euros.

Mais derrière cette santé insolente du placement chouchou des Français, il convient d’examiner le fonds euro qui constitue bien souvent le cœur de l’assurance-vie et dont les rendements sont en perte de vitesse.

Les fonds euro en chiffres

Les fonds euro classiques constituent l’enveloppe sécurisée de l’assurance-vie. Ils correspondent à la majorité des encours du marché de l’assurance-vie puisqu’ils pèsent environ 92 % de ce marché.

Selon l’étude de Good Value for Money (GVFM) dédiée à l’analyse de la composition financière des fonds en euros à fin 2017, les fonds en euros « classiques » étaient investis pour l’essentiel en obligations, soit un niveau homogène avec 2016. La répartition entre obligations corporate et souveraine évolue en faveur des obligations corporate plus rémunératrices (58 % de titres corporate et 42 % de titres souverains et assimilés). Good Value for Money a relevé un changement de politique des assureurs-vie vis-à-vis de la nature des obligations souscrites en 2017. Alors qu’en 2016, la profession était positionnée à 12 % sur des obligations à taux variable, ce ratio est descendu à 7 % en 2017.

L’allocation des fonds en euros classiques est en moyenne :

  • de 80,8 % sur des obligations fin 2017 (versus 81,5 % fin 2016),
  • de 8,6 % sur des actions fin 2017 (versus 8,1 % fin 2016),
  • de 6,4 % sur de l’immobilier fin 2017 (versus 5,6 % fin 2016),
  • de 1,95 % sur du monétaire fin 2017 (versus 1,0 % fin 2016).

Ayant « digéré » les nouvelles normes prudentielles Solvabilité II et dans un contexte de taux historiquement bas, les assureurs-vie ont fait monter le poids des actifs de diversification : actions, immobilier, monétaire, produits structurés, gestion alternative et autres, représentent un peu plus de 19 % de la composition du fonds euro classique à fin 2017, correspondant à une augmentation de 1,5 point en 2017.

Malgré cette diversification toute relative, le taux de rendement moyen des fonds euros a encore baissé significativement en 2017 avec un taux moyen de 1,80 % (contre 2,50 % en 2014, 2,30 % en 2015 et 1,9 % en 2016).

Performance des fonds euro de 2000 à 2017

Performances des fonds euros de 2000 à 2017

Les raisons de la baisse du rendement fonds euro

Cette baisse, on la doit notamment aux autorités de contrôle. En effet, le rapport annuel de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) plaidait pour une modération des taux de rendement des fonds euros quand François Villeroy de Galhau, président de l’ACPR et actuel gouverneur de la Banque de France, déclarait : « le contexte des taux bas conduit à une situation où les rendements des titres entrant en portefeuille sont inférieurs aux taux servis sur leurs polices d’assurance vie ». Cet avis était également partagé par le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) et le ministère des Finances et des Comptes Publics Michel Sapin lors du quinquennat précédent qui estimait que : « dans le contexte actuel de développement des taux d’intérêt négatifs, une poursuite de l’évolution des modèles d’affaires et des ajustements des rendements est nécessaire ».

Pour Good Value for Money, la baisse des rendements du fonds euro, « c’est le coût de la loi Sapin II pour l’épargnant ». Les autorités de contrôle ayant très fortement incité les assureurs à baisser considérablement les taux servis pour « dissuader les épargnants de continuer à investir » dans les fonds euros mais également pour « renforcer encore plus leur provision pour participation aux bénéfices (PPB) avec des dotations moyennes de l’ordre de 0,20 % à 0,40 % » et enfin « se protéger en conséquence face à une éventuelle hausse brutale des taux d’intérêts ».

Ces rendements anémiques des fonds euros peuvent être largement améliorés en optant pour des fonds en euros plus diversifiés. François Villeroy de Galhau en est bien conscient lorsqu’il plaide pour la réorientation de l’épargne, via le développement de nouveaux produits d’épargne de long terme.

Assurance vie : 4 fonds euro alternatifs pour votre contrat

Fonds euro diversifiés ou « régime de retraite »

Apparus au milieu des années 2000, les fonds euro-diversifiés visent à apporter un surcroît de performance par rapport aux fonds en euros classiques. La méthode appliquée pour atteindre cet objectif est la diversification de l’allocation vers des actifs plus risqués que les traditionnelles obligations : les actions principalement. La contrepartie de ce booster de performance est un blocage des avoirs durant plusieurs années. C’est seulement au terme de cette période de blocage dûment précisée que la garantie du capital sera assurée. On les appelle aussi fonds « régimes de retraite » car l’assureur-vie peut adapter son allocation d’actifs à un investissement à long terme de la part de l’épargnant. Ils représentent 7,4 % du marché des fonds euros, en 2ème position derrière les fonds euros classiques.

Du fait de l’engagement de l’épargnant sur le moyen / long terme, les fonds en euros « de régimes de retraite » n’avaient que 78 % de titres obligataires fin 2017, à comparer pour les fonds en euros « classiques » à 80,8 % fin 2017. Ils sont en effet investis en moyenne à 78 % sur des obligations, 11 % sur des actions, 8 % sur de l’immobilier. Le rendement moyen des fonds en euros de régimes de retraite est significativement plus élevé que celui des fonds en euros classiques grâce à une allocation d’actifs plus dynamique. Le taux moyen servi (net de frais et brut de prélèvements sociaux) par ces fonds en 2017 est évalué à 1,88 % par GVFM. En effet, le poids global des actifs « de diversification » (actions et immobilier) avoisine les 20 %.

Malgré leur intérêt théorique, le nombre de fonds euro-diversifiés reste limité : Europportunités de SwissLife, BNP Paribas Avenir Retraite par exemples. Ces produits ont néanmoins inspiré la création des nouveaux fonds Euro-Croissance.

Fonds en euros immobiliers

Ces fonds en euros sont caractérisés par un poids relatif plus élevé des investissements immobiliers dans les actifs du fonds. Toutefois, face à une difficulté d’investir à des prix raisonnables des flux importants de collecte nette arrivant sur leurs fonds en euros immobiliers, les assureurs-vie ont limité fortement les possibilités d’investissement par leurs clients en 2017, faisant de ces fonds en euros immobiliers, une « denrée rare ».

La composition du fonds euros immobiliers à fin 2017 était la suivante : 45 % d’immobilier, 46 % sur des obligations, 8 % sur des actions. Les fonds euros immobiliers résistent bien à la baisse du rendement des fonds euro en général et sont donc très peu concernés par la dégringolade des taux servis. De fait, le taux moyen servi (net de frais et brut de prélèvements sociaux) par ces fonds en 2017 était évalué à 2,46 % par GVFM.

Fonds euro dynamiques

Les fonds en euros dynamique sont caractérisés par une plus forte exposition en risque de l’actif sur des actions mais aussi de l’immobilier. Leur allocation moyenne à fin 2017 était la suivante : 18 % en actions, 18,5 % en immobilier et 62 % en obligataire (source : GoodValueForMoney).

Ils obéissent d’ordinaire au principe de la gestion à coussin. La gestion à coussin consiste à scinder l’allocation d’un fonds en deux poches :

  • l’une, majoritaire, composée d’actifs pas ou peu risqués, censés assurer la protection du capital avec un rendement mesuré ;
  • l’autre, minoritaire, composée d’actifs plus risqués censés générer un rendement supérieur (actions en premier lieu).

Utilisée de longue date dans de nombreux fonds structurés ou à formule, cette technique de gestion a gagné des produits plus traditionnels, tels que les fonds en euros dits dynamiques, censés délivrer un rendement supérieur à celui des fonds en euros classiques. On assiste à une multiplication de ce type de produits à la suite des pionniers : Suravenir Opportunités (Suravenir Assurances), EuroSélection (Spirica) ou encore Eurocit’ (AG2R La Mondiale).

Le rendement des fonds euros dynamiques est généralement supérieur à celui des fonds euros classiques mais ce n’est pas toujours le cas. Ainsi, il était de 2,21 % en 2017 (contre 1,6 % pour le fonds euros classique) mais de seulement 1,60 % en 2016 (contre 1,8 % pour le fonds euros classique).

Évolution de la performance des fonds en euros classiques versus fonds euro dynamiques et fonds en euros immobiliers

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Bien souvent, la gestion à coussin est agrémentée dans ces fonds en euros d’un système d’effets cliquets, selon le degré de tolérance aux pertes accepté par le gérant ou par le client. Toute performance positive est alors mise de côté – sur la poche sécurisée – au-delà d’un certain plafond, tandis que toute perte est limitée par la coupure des positions en deçà d’un certain seuil. Conséquence : le capital ne peut être touché.

Ces fonds en euros dynamiques gérés selon la technique du coussin constituent une réponse adaptée à la quête de performance dans un cadre sécurisé. Encore peu nombreux sur le marché, certains sont néanmoins largement présents sur l’offre en assurance-vie Internet. Mais la part relative élevée des actions dans les fonds en euros dynamiques oblige les assureur-vie à les gérer « comme le lait sur le feu ». D’où des encours volontairement limités et maîtrisés de leur part.

Consulter également notre dossier Souscrire à une assurance-vie

Fonds euro croissance

Recommandés par le rapport Berger-Lefebvre, ou, à demi-mot par François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France, lorsqu’il encourage de nouveaux produits long terme « moins liquides, assortis d’une protection en capital sur le long terme afin de bénéficier du meilleur rendement des actions sur la durée, tout en favorisant le financement de l’investissement des entreprises », les fonds Euro-Croissance reposent sur le même principe de diversification que les fonds euro-diversifiés. Plus récemment, c’est Bruno Le Maire, Ministre de l’économie et des finances qui a remis à l’ordre du jour les fonds euro-croissance lors de la présentation de la loi PACTE, indiquant qu’il souhaitait faire passer l’encours de 2 milliards d’euros à 20 milliards d’euros d’ici deux ans.

En contrepartie d’une durée de blocage longue, qui semble s’allier logiquement avec la vocation patrimoniale du contrat d’assurance-vie, le contrat Euro-Croissance doit délivrer un rendement nettement supérieur au fonds en euros actuel. Comme pour les contrats euro-diversifiés, l’assureur, libéré des contraintes de liquidité et de l’obsession du taux annuel, est à-même de gérer plus activement ce nouveau fonds afin de produire une performance supérieure.

Le contrat doit comprendre une part dédiée à la garantie du capital et une deuxième part dédiée à la diversification. La répartition entre les deux poches dépend de la durée de blocage acceptée par l’épargnant. Le capital est garanti tant qu’aucun retrait n’est effectué.

La différence tient à l’orientation de l’épargne collectée vers le financement de l’économie réelle, à savoir les PME, via l’achat, par l’assureur, d’obligations d’entreprise, actions ou autres.

Les premiers fonds Euro-Croissance sont apparus courant 2014. Avec un encours de 2,3 milliards d’euros au dernier pointage de Bercy, ils représentent une part ultra-minoritaire des fonds euros (0,13 % en 2017).

Le rendement moyen des fonds euro-croissance s’élevait en 2017, à 3,4 % (source : FFA).

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Alternatives aux fonds en euros : produits structurés, OPCI et SCPI

L’investissement dans des produits structurés peut présenter une alternative intéressante aux fonds euros, plus risquée cependant car le placement n’est pas à capital garanti, mais avec néanmoins un niveau de protection. Ces produits sont investis sur un sous-jacent et affichent une échéance et un profil risque-rendement déterminés. Ils sont émis par des banques ou sociétés financières en fonction de demandes formulées notamment par des conseillers en gestion de patrimoine (CGP).

L’investissement dans les SCPI (sociétés civiles de placement immobilier) et dans les organismes de placements collectifs en immobilier (OPCI) sont également des pistes à explorer. Ces produits sont investis en immobilier, détenu via des parts de société, d’où le nom de « pierre-papier ». Si les SCPI sont exclusivement investies en immobilier, les OPCI peuvent aussi comporter une part plus ou moins importante d’actions (10 % à 40 %). Les aouts de ces placements sont nombreux : diversification, liquidité par rapport à l’immobilier traditionnel, mutualisation des risques, rendement intéressant. Attention cependant, le capital n’est pas garanti.

Enfin, pour aller chercher de la performance, il est aussi judicieux de se tourner vers des OPCVM. Prenez garde tout de même de bien les choisir en fonction de votre profil d’investisseur et surtout de votre degré d’aversion au risque. On peut notamment citer, du moins risqué au plus risqué (mais donc potentiellement du moins rémunérateur au plus rémunérateur) : fonds obligataires, fonds d’arbitrage, fonds patrimoniaux, fonds flexibles, fonds thématiques, fonds actions.

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