Rejoignez +26 000 abonnés : Inscrivez-vous gratuitement, recevez en cadeau notre formation de 5 ebooks pour bien investir


Assurance-vie : les fonds euros à privilégier

Le 11 mai 2018

assurance vie fonds euros a privilegier

anticiper-marche-analyse-technique-300250

Condamnés à un rendement décroissant, les fonds en euros perdent peu à peu de leur superbe. Pour booster la performance de votre assurance-vie, vous pouvez néanmoins vous tourner vers d’autres produits sans risques. Café du Patrimoine vous présente les alternatives aux fonds en euros classiques.

Comment fonctionne un fonds euros ?

Fonds euros classique : le rendement assurance-vie sécurisé

L’engouement des Français pour l’assurance-vie ne se dément pas. 62 % des Français considèrent ce placement intéressant (Source : enquête Cercle de l’Epargne/CECOP/IFOP réalisée en 2016). Les Français possédaient en 2017 54 millions de contrats pour 37 millions de bénéficiaires (étude IPSOS-FFA de 2017). L’encours de l’assurance-vie a dépassé en février 2018 les 1 685 milliards d’euros.

Mais derrière cette santé insolente du placement chouchou des Français, il convient d’examiner le fonds euro qui constitue bien souvent le cœur de l’assurance-vie et dont les rendements anémiques sont en perte de vitesse.

Les fonds euros en chiffres

Le fonds euro classique constitue l’enveloppe sécurisée de l’assurance-vie. Selon l’étude de Good Value for Money (GVFM) dédiée à l’analyse de la composition financière des fonds en euros à fin 2016, les fonds en euros classique correspondent à la majorité des encours du marché de l’assurance-vie puisqu’ils pèsent environ 92 % de ce marché.

Fin 2016, les fonds en euros « classiques » sont investis pour l’essentiel en obligations, soit un niveau homogène avec 2015. La répartition entre obligations corporate et souveraine évolue en faveur des obligations corporate plus rémunératrices (65 % de titres corporate et 35 % de titres souverains et assimilés).

L’allocation des fonds en euros classiques est en moyenne :

  • de 81,5 % sur des obligations fin 2016 (versus 82,4 % fin 2015),
  • de 8,5 % sur des actions fin 2016 (versus 8,4 % fin 2015),
  • de 5,8 % sur de l’immobilier fin 2016 (versus 5,3 % fin 2015),
  • de 1,0 % sur du monétaire fin 2016 (versus 1,9 % fin 2015).

Entre 2015 et 2016, le poids relatif de l’immobilier s’est maintenu. Les assureur-vie continuent en effet à se tourner vers la pierre soit en direct, soit via des SCPI ou encore via l’acquisition de titres de sociétés foncières cotées comme Unibail-Rodamco ou Klépierre par exemple.

Malgré cette diversification toute relative, le taux de rendement moyen des fonds euros a encore baissé significativement en 2017 avec un taux moyen de 1,80 % (contre 2,50 % en 2014, 2,30 % en 2015 et 1,9 % en 2016).

Performance des fonds euros de 2000 à 2017

Performances des fonds euros de 2000 à 2017

Les raisons de la baisse du rendement fonds euros

Cette baisse, on la doit notamment aux autorités de contrôle. En effet, le rapport annuel de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) plaidait pour une modération des taux de rendement des fonds euros quand François Villeroy de Galhau, président de l’ACPR et actuel gouverneur de la Banque de France, déclarait : « le contexte des taux bas conduit à une situation où les rendements des titres entrant en portefeuille sont inférieurs aux taux servis sur leurs polices d’assurance vie ». Cet avis était également partagé par le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) et le ministère des Finances et des Comptes Publics Michel Sapin lors du quinquennat précédent qui estimait que : « dans le contexte actuel de développement des taux d’intérêt négatifs, une poursuite de l’évolution des modèles d’affaires et des ajustements des rendements est nécessaire ».

Pour Good Value for Money, la baisse des rendements du fonds euros, « c’est le coût de la loi Sapin II pour l’épargnant », les autorités de contrôle ayant très fortement incités les assureurs à baisser considérablement les taux servis pour « dissuader les épargnants de continuer à investir » dans les fonds euros mais également pour « renforcer encore plus leur provision pour participation aux bénéfices (PPB) avec des dotations moyennes de l’ordre de 0,20 % à 0,40 % » et enfin « se protéger en conséquence face à une éventuelle hausse brutale des taux d’intérêts ».

Ces rendements anémiques des fonds euros peuvent être largement améliorés en optant pour des fonds en euros plus diversifiés. François Villeroy de Galhau en est bien conscient lorsqu’il plaide pour la réorientation de l’épargne, via le développement de nouveaux produits d’épargne de long terme.

Assurance-vie : 4 fonds euros alternatifs pour votre votre contrat

Fonds euro diversifiés ou « régime de retraite »

Apparus au milieu des années 2000, les fonds euro-diversifiés visent à apporter un surcroît de performance par rapport aux fonds en euros classiques. La méthode appliquée pour atteindre cet objectif est la diversification de l’allocation vers des actifs plus risqués que les traditionnelles obligations : les actions principalement. La contrepartie de ce booster de performance est un blocage des avoirs durant plusieurs années. C’est seulement au terme de cette période de blocage dûment précisée que la garantie du capital sera assurée. On les appelle aussi fonds « régimes de retraite » car l’assureur-vie peut adapter son allocation d’actifs à un investissement à long terme de la part de l’épargnant. Ils représentent 7,4 % du marché des fonds euros, en 2ème position derrière les fonds euros classiques.

Du fait de l’engagement de l’épargnant sur le moyen / long terme, les fonds en euros « de régimes de retraite » n’ont que 78,1 % de titres obligataires fin 2016, à comparer pour les fonds en euros « classiques » à 81,5 % fin 2016. Ils sont en effet investis en moyenne à 78,1 % sur des obligations, 11,3 % sur des actions, 7,6 % sur de l’immobilier. Le rendement moyen des fonds en euros de régimes de retraite est significativement plus élevé que celui des fonds en euros classiques (rendement financier brut moyen 2016 des fonds en euros de régime de retraite : 3,80 %) grâce à une allocation d’actifs plus dynamique. En effet, le poids global des actifs « de diversification » (actions et immobilier) avoisine les 20 %.

Malgré leur intérêt théorique, le nombre de fonds euro-diversifiés reste limité : Europportunités de SwissLife, BNP Paribas Avenir Retraite par exemples. Ces produits ont néanmoins inspiré la création des nouveaux fonds Euro-Croissance.

Fonds en euros immobiliers

Ces fonds en euros sont caractérisés par un poids relatif plus élevé des investissements immobiliers dans les actifs du fonds. Toutefois, face à une difficulté d’investir à des prix raisonnables des flux importants de collecte nette arrivant sur leurs fonds en euros immobiliers, les assureurs-vie ont été conduit à baisser le poids relatif des actifs immobiliers dans ces fonds de 52,5 % fin 2015 à 45,6 % fin 2016 avant un léger rattrapage à 48,4 % en 2017.

La composition du fonds euros immobiliers à fin 2017 était en effet la suivante : 48,4 % d’immobilier, 41,9 % sur des obligations, 9,7 % sur des actions. Les fonds euros immobiliers résistent bien à la baisse du rendement des fonds euros en général et sont donc très peu concernés par la dégringolade des taux servis. De fait, le rendement financier brut moyen des fonds en euros immobiliers a été de 2,46 % en 2017 (identique à 2016 et en nette baisse depuis 2015 où le rendement était alors de 3,40 %).

Malgré ces chiffres très satisfaisants, à fin 2016, les fonds en euros immobiliers pesaient (seulement) environ 0,5 % du marché des fonds en euros.

Fonds euros dynamiques

Les fonds en euros dynamique sont caractérisés par une plus forte exposition en risque de l’actif sur des actions mais aussi de l’immobilier. Leur allocation moyenne à fin 2016 était la suivante 16,5 % en actions, 22 % en immobilier et 61,5 % en obligataire (source : GoodValueForMoney).

Ils obéissent d’ordinaire au principe de la gestion à coussin. La gestion à coussin consiste à scinder l’allocation d’un fonds en deux poches :

  • l’une, majoritaire, composée d’actifs pas ou peu risqués, censés assurer la protection du capital avec un rendement mesuré ;
  • l’autre, minoritaire, composée d’actifs plus risqués censés générer un rendement supérieur (actions en premier lieu).

Utilisée de longue date dans de nombreux fonds structurés ou à formule, cette technique de gestion a gagné des produits plus traditionnels, tels que les fonds en euros dits dynamiques, censés délivrer un rendement supérieur à celui des fonds en euros classiques. On assiste à une multiplication de ce type de produits à la suite des pionniers : Suravenir Opportunités (Suravenir Assurances), EuroSélection (Spirica) ou encore Eurocit’ (AG2R La Mondiale).

Le rendement des fonds euros dynamiques est généralement supérieur à celui des fonds euros classiques mais ce n’est pas toujours le cas. Ainsi, il était de 2,21 % en 2017 (contre 1,6 % pour le fonds euros classique) mais de seulement 1,60 % en 2016 (contre 1,8 % pour le fonds euros classique).

Évolution de la performance des fonds en euros classique versus fonds euros dynamiques et fonds en euros immobiliers

performance fonds en euros classique dynamique immobilier

Bien souvent, la gestion à coussin est agrémentée dans ces fonds en euros d’un système d’effets cliquets, selon le degré de tolérance aux pertes accepté par le gérant ou par le client. Toute performance positive est alors mise de côté – sur la poche sécurisée – au-delà d’un certain plafond, tandis que toute perte est limitée par la coupure des positions en deçà d’un certain seuil. Conséquence : le capital ne peut être touché.

Ces fonds en euros dynamiques gérés selon la technique du coussin constituent une réponse adaptée à la quête de performance dans un cadre sécurisé. Encore peu nombreux sur le marché, certains sont néanmoins largement présents sur l’offre en assurance-vie Internet. Mais la part relative élevée des actions dans les fonds en euros dynamiques oblige les assureur-vie à les gérer « comme le lait sur le feu ». D’où des encours volontairement limités et maîtrisés de leur part.

Consulter également notre dossier Souscrire à une assurance-vie

Fonds euro croissance

Recommandés par le rapport Berger-Lefebvre, ou, à demi-mot par François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France, lorsqu’il encourage de nouveaux produits long terme « moins liquides, assortis d’une protection en capital sur le long terme afin de bénéficier du meilleur rendement des actions sur la durée, tout en favorisant le financement de l’investissement des entreprises », les fonds Euro-Croissance reposent sur le même principe de diversification que les fonds euro-diversifiés. Plus récemment, c’est Bruno Le Maire, Ministre de l’économie et des finances qui a remis à l’ordre du jour les fonds euro-croissance lors de la présentation de la loi PACTE, indiquant qu’il souhaitait faire passer l’encours de 2 milliards d’euros à 20 milliards d’euros d’ici deux ans.

En contrepartie d’une durée de blocage longue, qui semble s’allier logiquement avec la vocation patrimoniale du contrat d’assurance-vie, le contrat Euro-Croissance doit délivrer un rendement nettement supérieur au fonds en euros actuel. Comme pour les contrats euro-diversifiés, l’assureur, libéré des contraintes de liquidité et de l’obsession du taux annuel, est à-même de gérer plus activement ce nouveau fonds afin de produire une performance supérieure.

Le contrat doit comprendre une part dédiée à la garantie du capital et une deuxième part dédiée à la diversification. La répartition entre les deux poches dépend de la durée de blocage acceptée par l’épargnant. Le capital est garanti tant qu’aucun retrait n’est effectué.

La différence tient à l’orientation de l’épargne collectée vers le financement de l’économie réelle, à savoir les PME, via l’achat, par l’assureur, d’obligations d’entreprise, actions ou autres.

Les premiers fonds Euro-Croissance sont apparus courant 2014. Avec un encours de 1,9 milliard d’euros pour 139 000 contrats souscrits, ils représentent une part ultra-minoritaire des fonds euros et sont fin 2016 au nombre de 2.

Le rendement moyen des fonds euro-croissance s’élève en 2017 à 3,4 % (source : FFA).

Alternatives aux fonds en euros : produits structurés, OPCI et SCPI

L’investissement dans des produits structurés peut présenter une alternative intéressante aux fonds euros, plus risquée cependant car le placement n’est pas à capital garanti, mais avec néanmoins un niveau de protection. Ces produits sont investis sur un sous-jacent et affichent une échéance et un profil risque-rendement déterminés. Ils sont émis par des banques ou sociétés financières en fonction de demandes formulées notamment par des conseillers en gestion de patrimoine (CGP).

L’investissement dans les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) et dans les organismes de placements collectifs en immobilier (OPCI) sont également des pistes à explorer. Ces produits sont investis en immobilier, détenu via des parts de société, d’où le nom de « pierre-papier ». Si les SCPI sont exclusivement investies en immobilier, les OPCI peuvent aussi comporter une part plus ou moins importante d’actions (10 % à 40 %). Les aouts de ces placements sont nombreux : diversification, liquidité par rapport à l’immobilier traditionnel, mutualisation des risques, rendement intéressant. Attention cependant, le capital n’est pas garanti.

Enfin, pour aller chercher de la performance, il est aussi judicieux de se tourner vers des OPCVM. Prenez garde tout de même de bien les choisir en fonction de votre profil d’investisseur et surtout de votre degré d’aversion au risque. On peut notamment citer, du moins risqué au plus risqué (mais donc potentiellement du moins rémunérateur au plus rémunérateur) : fonds obligataires, fonds d’arbitrage, fonds patrimoniaux, fonds flexibles, fonds thématiques, fonds actions.

Toutes nos informations sont, par nature, génériques. Elles ne tiennent pas compte de votre situation personnelle et ne constituent en aucune façon des recommandations personnalisées en vue de la réalisation de transactions et ne peuvent être assimilées à une prestation de conseil en investissement financier, ni à une incitation quelconque à acheter ou vendre des instruments financiers. Le lecteur est seul responsable de l’utilisation de l’information fournie, sans qu’aucun recours contre la société éditrice de Cafedelabourse.com ne soit possible. La responsabilité de la société éditrice de Cafedelabourse.com ne pourra en aucun cas être engagée en cas d’erreur, d’omission ou d’investissement inopportun.

#

Derniers Dossiers


Calcul des frais de notaire

Vous vous apprêtez à acquérir un appartement, une maison ? Nul doute que l’on vous aura parlé des frais de notaires mais savez-vous ce qu’ils […]

credit-immobilier-conditions-emprunt-toujours-exceptionnelles
epargne-salariale-en-profiter
immobilier-investir-SCPI-Corum